Bonsoir mes amis. Ce soir, on quitte le continent. On largue les amarres et on file vers le large, plein ouest, Ă  570 kilomètres des cĂ´tes du SĂ©nĂ©gal, en plein cĹ“ur de l’Atlantique. LĂ , posĂ©es sur l’ocĂ©an comme dix grains de poussière volcanique, dix Ă®les balayĂ©es par les vents alizĂ©s. Bienvenue au Cap-Vert — Cabo Verde.

4 033 km² seulement — rĂ©parties sur dix Ă®les, dont neuf habitĂ©es. 600 000 habitants sur place… mais plus d’un million de Cap-Verdiens vivent Ă  l’Ă©tranger. Oui, mes amis, vous avez bien entendu : il y a deux fois plus de Cap-Verdiens dans la diaspora qu’au pays lui-mĂŞme. Ă€ Boston, Ă  Lisbonne, Ă  Rotterdam, Ă  Dakar. Capitale Praia, sur l’Ă®le de Santiago. Langue officielle : le portugais, mais le cĹ“ur du peuple bat en crĂ©ole capverdien — le kriolu.

Le Cap-Vert, c’est la terre de la morna — cette musique mĂ©lancolique et lancinante, le blues des Ă®les, immortalisĂ©e par la diva aux pieds nus, Cesária Évora. C’est un pays sans pĂ©trole, sans or, sans diamants, sans terres fertiles — il pleut Ă  peine, les sĂ©cheresses ont tuĂ© des dizaines de milliers de personnes dans l’histoire. Un pays qui, sur le papier, n’avait aucune raison de rĂ©ussir.

Et pourtant. Pourtant, mes amis, ce minuscule archipel est devenu l’une des dĂ©mocraties les plus stables et les mieux gouvernĂ©es de toute l’Afrique. Pas de coup d’État. Pas de prĂ©sident Ă  vie. Pas de massacre. Une alternance pacifique du pouvoir entre deux partis, Ă©lection après Ă©lection. Le pays qui a fait mentir tous les pronostics. Ce soir, je vais vous raconter comment cinq hommes ont bâti ce petit miracle atlantique…

Vos messages nous donnent la force de continuer Ă  publier ces papiers.

Envoyez-nous un message d'encouragement pour continuer la lecture gratuitement

VOIES D'AFRIQUE