Bonsoir mes amis. Ce soir, on longe l’ocĂ©an Indien. On descend la cĂ´te est de l’Afrique, lĂ  oĂą les dhows arabes croisaient dĂ©jĂ  il y a mille ans, lĂ  oĂą le swahili rencontre le portugais, lĂ  oĂą les plages de sable blanc cachent l’une des histoires les plus sanglantes et les plus Ă©mouvantes du continent. Bienvenue au Mozambique.

801 590 km² — un gĂ©ant Ă©tirĂ© sur 2 500 kilomètres de cĂ´tes. 34 millions d’habitants. Capitale Maputo, tout au sud, l’ancienne Lourenço-Marques des Portugais, avec ses avenues bordĂ©es d’acacias rouges qui portent encore les noms de Karl Marx, Vladimir LĂ©nine et Mao TsĂ©-toung — souvenirs d’une Ă©poque oĂą ce pays rĂŞvait de rĂ©volution. Langue officielle : le portugais. Car le Mozambique, mes amis, c’est l’Afrique lusophone — colonisĂ© pendant près de cinq siècles par le Portugal, la plus longue colonisation de toute l’Afrique.

Et c’est un pays de paradoxes vertigineux. Un sous-sol parmi les plus riches du monde — d’immenses rĂ©serves de gaz naturel dĂ©couvertes au large du Cabo Delgado, des rubis, du graphite, du charbon. Et pourtant, plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvretĂ©. Une guerre d’indĂ©pendance hĂ©roĂŻque, suivie d’une guerre civile de seize ans qui a fait un million de morts. Et aujourd’hui, une insurrection jihadiste dans le nord qui a dĂ©jĂ  fait plus de 6 000 morts et des millions de dĂ©placĂ©s.

En cinquante ans d’indĂ©pendance, le Mozambique n’a connu que cinq prĂ©sidents — tous du mĂŞme parti, le FRELIMO, au pouvoir sans interruption depuis 1975. Un infirmier rĂ©volutionnaire mort dans un crash d’avion que beaucoup considèrent comme un assassinat. Un diplomate qui a fait la paix. Un homme d’affaires surnommĂ© « Mr Guebusiness ». Un ingĂ©nieur discret. Et un jeune juriste nĂ© après l’indĂ©pendance. Ce soir, nous allons raconter leur histoire…

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