Bonsoir mes amis. Ce soir, on voyage vers un pays minuscule. Le plus petit pays d’Afrique continentale. Une bande de terre si fine qu’on dirait qu’un cartographe ivre l’a dessinĂ©e au crayon Ă  papier, coincĂ©e Ă  l’intĂ©rieur du SĂ©nĂ©gal comme un doigt enfoncĂ© dans un poing fermĂ©. Bienvenue en Gambie.

11 295 km² — Ă  peine plus grand que l’ĂŽle-de-France. 2,7 millions d’habitants. Capitale Banjul, une petite ville endormie sur une Ă®le Ă  l’embouchure du fleuve Gambie, ce fleuve qui est le pays. Car la Gambie, mes amis, ce n’est rien d’autre qu’un fleuve avec deux berges. Les Britanniques ont tracĂ© les frontières au XIXe siècle en suivant le cours du fleuve — 480 km de long, jamais plus de 50 km de large. Le SĂ©nĂ©gal entoure tout le reste. Une aberration gĂ©ographique nĂ©e de la rivalitĂ© entre la France et l’Angleterre.

Et pourtant, ce tout petit pays a produit l’un des dictateurs les plus excentriques et les plus terrifiants de l’histoire africaine. Un homme qui prĂ©tendait guĂ©rir le sida avec des herbes, qui faisait exĂ©cuter des migrants sur les plages, qui s’est autoproclamĂ© « Son Excellence Cheikh Professeur El Hadj Docteur », et qui a fallu une intervention militaire de toute l’Afrique de l’Ouest pour le dĂ©loger du pouvoir.

En soixante ans d’indĂ©pendance, la Gambie n’a connu que trois prĂ©sidents : un vĂ©tĂ©rinaire gentleman, un lieutenant tortionnaire, et un agent immobilier miraculĂ©. Ce soir, nous allons vous raconter cette histoire invraisemblable…

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