Bonsoir mes amis. Ce soir, on s’enfonce au cĹ“ur du continent. Loin des cĂ´tes, loin des ocĂ©ans. Dans une terre de sable, de soleil Ă©crasant et de poussière, lĂ  oĂą le Sahara rencontre le Sahel, lĂ  oĂą les hommes du dĂ©sert portent le turban et le fusil. Bienvenue au Tchad.

1 284 000 km² — un colosse, le cinquième plus grand pays d’Afrique. Mais un colosse vide : Ă  peine 18 millions d’habitants dispersĂ©s sur cette immensitĂ©. Capitale N’Djamena, sur les rives du fleuve Chari. Au nord, le dĂ©sert du Tibesti et ses volcans. Au sud, les savanes vertes. Et au centre, ce qui fut jadis le lac Tchad — autrefois une mer intĂ©rieure, aujourd’hui rĂ©duit Ă  une flaque par la sĂ©cheresse.

Le Tchad, mes amis, c’est un pays coupĂ© en deux. Au nord, les musulmans, les nomades, les Toubou, les Zaghawa, les Arabes. Au sud, les chrĂ©tiens et animistes, les cultivateurs. Et toute l’histoire tragique de ce pays tient dans cette fracture — entre un Nord qui a fini par accaparer le pouvoir par les armes, et un Sud qui l’a perdu.

C’est aussi un pays du pĂ©trole — depuis 2003, l’or noir coule du bassin de Doba vers le port camerounais de Kribi. Mais comme tant d’autres, le Tchad a dĂ©couvert que le pĂ©trole, en Afrique, n’enrichit pas le peuple : il enrichit le rĂ©gime et finance les armes. Car le Tchad est avant tout le pays des hommes en armes. Ici, on ne devient pas prĂ©sident par les urnes. On le devient par le fusil. Ce soir, je vais vous raconter cette histoire de sang et de poudre…

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