Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, on (re)découvre des œuvres méconnues à travers un disque de rééditions mauriciennes, un album de reprises bissau-guinéennes et cap-verdiennes et un EP de remixes afro-caribéens.

« Moris Zekler », chez Born Bad Records

Le label français Born Bad Records a fait paraître, le 5 juin, une réédition de morceaux de séga des années 1970. Cette musique typique de l’île Maurice, au croisement des traditions afro-malgaches, indiennes et occidentales, a pour instrument emblématique la ravanne, un tambour en bois et peau de chèvre, avant que guitares, banjos et accordéons viennent l’accompagner après la seconde guerre mondiale. Dans les années 1970, le style prend un tournant rock sous l’influence d’artistes comme Claudio Veeraragoo et Harold Berty, tandis que le chanteur Ti l’Afrique et le groupe The Features Of Life lui apportent une touche plus funk. Autant d’évolutions dont rend compte l’album Moris Zekler.

« Horizonte », de Bandé-Gamboa

Redonner vie au gumbé de Guinée-Bissau et au funana du Cap-Vert sans passer par la case « réédition ». C’est le défi qu’ont relevé le producteur portugais Francisco « Fininho » Sousa et le beatmaker français Guts en orchestrant la reprise de douze morceaux méconnus du patrimoine musical de ces deux pays que le leader indépendantiste Amilcar Cabral – dont le portrait orne la pochette du disque – rêvait d’unir sous un même drapeau. Pour cela, ils ont fait appel à deux groupes d’artistes issus de la scène africaine de Lisbonne, réunis pour l’occasion sous le nom de Bandé-Gamboa. Leur album Horizonte est sorti le 12 juin chez le label parisien Heavenly Sweetness.

« Bwè Dlo », de David Walters & Seun Kuti

C’est aussi chez Heavenly Sweetness qu’est paru, le 10 juillet, un EP de remixes de Bwè Dlo, un morceau du dernier album de David Walters, Soleil Kreyol, avec en invité le chanteur et saxophoniste nigérian Seun Kuti. Le DJ et multi-instrumentiste français « sous influences afro-caribéennes » se souvient : « Ma mère m’a élevé avec Fela [le père de Seun, inventeur de l’afrobeat], je voulais absolument inviter Seun Kuti parce qu’il est authentique et capable de dire non ! » Il a dit oui, et sa réponse fait désormais l’objet de quatre nouvelles versions signées par Guts (encore lui), le Comorien Moris, le duo « afropéen » DjeuhDjoah & Lieutenant Nicholson et la Française Carie aka La Dame.

Lire aussi Rap marocain : la sélection musicale du « Monde Afrique » #12



Lien de l’article original

LA REDACTION