En cette période trouble et en soutien aux artistes de sa collection, la So Art Gallery Casablanca organise son exposition virtuelle collective ‘Vers d’Autres Rives’, à visiter sur le Net jusqu’au 14 Juin.

« Vers d’Autres Rives », c’est L’art comme source d’évasion. Autrement dit, L’art comme occasion de rester connecté au monde.
Une exposition 100% Marocaine plaçant la création artistique à l’honneur, comme remède moral à notre monde en souffrance.

Afin d’apporter sa contribution aux plus démunis et aux personnel de santé qui ont été d’un support considérable pendant le Covid-19, 5% des recettes de l’exposition iront à l’association à but non lucratif ‘Chef4good’ (« Chef pour le bien »), qui regroupe douze chefs de Casablanca, cuisinant et livrant 500 repas par jour au Maroc depuis le début de la pandémie.

 

Oeuvre de Houda Kabbaj

Tous les artistes présentés au sein de l’exposition ‘Vers d’autres Rives’ se sont tournés à un moment de leur vie vers d’autres horizons afin d’enrichir leur vision du monde et de l’art. Une thématique synonyme d’évasion et de bouffée d’oxygène en ces temps de confinement, où les frontières du monde sont fermées jusqu’à nouvel ordre.

‘Vers d’autres Rives’ nous plonge dans l’univers de 11 artistes contemporains aux techniques variées et d’horizons divers: Mehdi Qotbi, Abdelkebir Rabi, Mohamed Chebaa, Abdallah Sadouk, Ghany Belmaachi, Mahi Binebine, Hakim Ghazali, Khalid el Bekay, Hassan Bourkia ou encore Morran Ben Lahcen.

Outre la peinture, on y trouve également une artiste photographe d’exception qui nous offre à contempler des tirages argentiques au coeur d’un monde poétique: Houda Kabbaj.

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Oeuvre de Abdelkebir Rabi

Ces artistes ont pour la plupart effectué une grande partie de leur carrière artistique à l’international, tels que Kahlid El Bekay en Chine, Mehdi Qotbi en France, ou encore Ghany Belmaachi aux Etats-Unis, pour ne citer qu’eux.

Couleurs et lumière sont le fruit des influences arabo-occidentales de Mehdi Qotbi, largement imprégné de la la littérature française, mais aussi de l’oeuvre de Monet et Delacroix dont il découvrira le travail artistique à l’école des Beaux -Arts de Toulouse en 1969 puis à celle de Paris en 1972. L’Oeuvre de Qotbi est rehaussée de Calligraphie, symbole d’Islam, du Maghreb à l’Afrique subsaharienne.

 

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Oeuvre de Mehdi Qotbi

Abdelkebir Rabi, s’installe de façon intermittente à Paris en 1968. Il y rencontre certains peintres de la Nouvelle École de Paris, ayant fait de « l’invisible vu » la matière même de leurs oeuvres, omniprésent dans les compositions de Rabi’. Un art de la subjectivité absolue, où l’expression d’une nécessité intérieure dominent. Dès son enfance, ses institutrices françaises au Maroc, lui font découvrir la peinture chinoise et ses signes. De ces signes, des Traces naissent dans ses oeuvres offrant un relief singulier. Une invitation à observer « l’ailleurs » en toute subtilité.
En 1962, Mohammed Chebâa se rend à Rome, pour étudier à l’Académie des Beaux-Arts de la ville.

Rome a confirmé son goût de l’architecture, lui permettant de réfléchir aux liens que celle-ci entretien avec l’art et l’artisanat, son concept des « 3 A ». Rome lui a non seulement ouvert l’occasion de repenser l’art marocain dans son rapport aux espaces publics et quotidiens mais aussi dans son rapport à l’artisanat, Art et artisanat se sont dès lors conjugués dans la peinture de Chabâa.

 

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Oeuvre de Ghany Belmaachi

Abdallah Sadouk s’installe à Paris en 1969, pour intégrer l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Des dix années qu’il y passa, il cite: « C’est grâce à l’Europe que j’ai appris à explorer divers éléments et à réfléchir à ceux qui marquent la culture marocaine, comme la lettre arabe et le signe berbère ». Paris, c’est aussi le lieu des premières réalisations à destination du public, où se dessine déjà ce monde qu’il nous donne encore à contempler: des oeuvres lumineuses, ayant recours au géométrisme pour exprimer son intérêt pour les aspects esthétiques de l’architecture traditionnelle, Un clin d’oeil à l’impressionnisme contemplé dans les musées parisiens, et des couleurs chaudes qui se fondent dans un bleu nuit…

Installé à Woodinville, dans l’état de Washington, aux États-Unis, depuis une vingtaine d’années, Ghany Belmaachi y a développé un art profondément contemporain, semblant tout droit issu du Pop art américain en raison des couleurs vives qui animent ses compositions. Les sujets qui se dessinent en ombres suspendues, puisent dans les codes urbains : skateboard, BMX, cinéma. Les sujets se mêlent par moment à certains détails du quotidien Marocain: les pigeons de la place Jemaa el-Fna, une mobilette, les chevauchées au pied de l’Atlas… des influences américaines certes, mais un ancrage marocain….Une culture multiple qui fait toute la force de l’ouvre de Belmaachi.

 

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Oeuvre de Mahi Binebine

Né à Marrakech, Mahi Binebine s’installe à Paris en 1980 pour y poursuivre ses études de mathématiques qu’il enseigne pendant huit ans. Puis il se consacre à l’écriture et à la peinture. En 1994, in s’installe 6 ans à New York, où une partie de ses oeuvres intègre la collection permanente du musée Solomon R. Guggenheim de New York. Des Oeuvres puissantes, qui révèlent la condition humaine. Les Silhouettes que l’on retrouve au coeur de ses tableaux et sculptures, soulignent des thématiques impactantes tels que l’enfermement, ou encore l’immigration. Le degré d’intimité qui se crée avec l’oeuvre de Binebine suscite une émotion intense.

« Oeuvre ouverte, lieu ouvert. Telle apparait chacune des créations de Hakim Ghazali. C’est à Amiens puis à Paris, au milieu des années 80, qu’il a suivi une formation de concepteur grapheur en partie grâce à laquelle il a développé le goût de la composition, s’exprimant notamment dans l’inclusion des fragments de journaux et l’incursion de parallélogrammes, contrastant par la taille et la couleur avec l’homogénéité des fonds. Ces rectangles et carrés opèrent comme des ouvertures sur ses vues intérieures. »…

 

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Oeuvre de hakim Ghazali

A travers ses oeuvres photographique, Houda Kabbaj met en scène des corps féminins superposés à la nature….La photographie est son domaine ; elle la pratiquait avant même son départ pour Paris en 2005. Ses clichés mettent en lumière toute la beauté de la nature, où le corps féminin prend tout son sens. des images poétiques, par leur volupté, la présence du noir et blanc et le grain de papier, si particulier….Une invitation au rêve…

Un souffle d’origine plurielle… c’est ce qui émane de l’art de Khalid El Bekay. De ses premières années passées en Espagne reste la pratique de la gravure, choisie « à l’écart de ce que font les autres ». En Chine, il se laisse porter par la spiritualité dont l’art de la calligraphie est une émanation. Ses oeuvres, tout en verticalité, dans le mouvement inspiré du bambou, témoignent d’une légèreté qui frise la transparence. Quant au Maroc, il devient une rive où accoster depuis son atelier barcelonais: le rouge d’une théière, le jaune d’une poire…

 

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Oeuvre de Hassan Bourkia

« L’homme est fait pour s’ouvrir et découvrir, partager et interagir » déclare Hassan Bourkia alors qu’il parcourt l’Amérique du Sud. Son oeuvre est matière ; elle est le feu et les cendres ; elle est couleurs de terre. Elle nous interroge. Sa technique artistique est particulière: elle encolle sur toile ou sur bois des terres de différentes teintes et de provenances diverses, de la chaux, de la pierre d’alun, le smagh, une matière animale, et le brou de noix, les cendres provenant d’incendies survenus dans sa région ou ailleurs. «Des matériaux nobles qui ont une mémoire, des choses calcinées qui souffrent avec amour et qui étaient vouées à un destin inconnu» précise l’artiste. Il intègre ces matériaux dans la structure du tableau en tirant parti de leurs différentes couleurs. Le matériau fait à la fonction de couleur et d’interrogation. «Des matériaux nobles qui ont une mémoire, des choses calcinées qui souffrent avec amour et qui étaient vouées à un destin inconnu»

 

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Oeuvre de Morran ben Lahcen

Dans son atelier de Sala Al Jadida, près de Rabat, Morran Ben Lahcen, a entamé depuis quelques années un voyage intérieur à la recherche de ce qui fait la mémoire, de la manière dont elle fonctionne… La laine, résonance mémorielle de l’artisanat local, qu’il carde sur des pics de métal, fait de ses œuvres matière vivante. Le voyage qu’il propose alors au cœur de l’être, au l de ses créations, s’accomplit aux côtés d’artistes avec lesquels il se sait en communion : avec Anish Kapoor, dans l’intensité de l’orange, avec Gerhard Richter lorsqu’il étire la laine ou la décline en les chromatiques, ou encore avec Antony Gormley dans ses arborescences dendritiques…

 

Exposition virtuelle « Vers d’Autres Rives »

Organisé par « So Art Gallery » Casablanca

A découvrir jusqu’au 14 Juin 2020

 

Lien de la visite virtuelle: https://my.matterport.com/show/?m=Hbpth4581Jx

Découvrez le catalogue de l’exposition: https://website-soartgallery.artlogic.net/usr/library/documents/main/catalogue-exposition-virtuelle-so-art-gallery.pdf

Toutes les informations relatives à l’exposition: https://www.soart-gallery.com




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LA REDACTION