Chaque mercredi, Le Monde Afrique vous présente trois nouveautés musicales issues ou inspirées du continent. Cette semaine, direction le Maroc, où des artistes plus inventifs les uns que les autres marient la musique gnawa au blues, le lyrisme à l’électronique ou les youyous aux séquenceurs.

« Ila Mata », de Bab L’Bluz

« Plus que tout, nous sommes un groupe de rock », déclare Yousra Mansour à propos de Bab L’Bluz, une formation créée en 2018 à Marrakech et dont le premier album, Nayda !, sort vendredi 5 juin en numérique. Reste que c’est bien la musique gnawa et ses instruments totems, l’awicha et le guembri, qui sont au cœur de cet opus mêlant blues, funk et chaabi. « Nous utilisons l’awicha comme une guitare et le guembri comme une basse, les deux accordés différemment », poursuit la musicienne. Illustration avec le clip, envoûtant et psychédélique, d’Ila Mata, un morceau en arabe classique.

« Deeply », de Meryem Aboulouafa

Premier album également pour la chanteuse et compositrice Meryem Aboulouafa, qui présente dans Meryem onze titres conçus au gré d’allers-retours entre Casablanca et Paris avec l’aide des musiciens Para One et Maxime Daoud. Il en résulte une pop douce et mélancolique, portée par une voix magnétique, des paroles le plus souvent en anglais et des arrangements entre tradition classique et modernité électronique. Un univers sensible et poétique qu’on retrouve dans le clip de Deeply, mis en ligne vendredi 29 mai pour accompagner la sortie de l’album.

« Uggug », de Guedra Guedra

Enfin, le DJ casablancais Guedra Guedra – Abdellah M. Hassak de son vrai nom – a fait paraître fin avril un EP de six titres, Son of Sun, dont l’objectif, dit-il, est de « reconnecter le nord de l’Afrique avec le reste du continent ». Pour cela, il puise dans diverses cultures maghrébines et subsahariennes afin de mixer à la sauce électro des archives musicales ou des sons actuels enregistrés au dictaphone. Dans le morceau Uggug, par exemple, chants traditionnels, percussions et youyous se superposent à une basse et des rythmes synthétiques, formant un cocktail détonant.

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LA REDACTION