L’année 2013 aura été une année noire dans le rang des artistes béninois. Ceci est dû aux multiples décès observés dans le monde artistique au Bénin. L’Association d’étude de Fâ et des médecines traditionnelles (Acefmetra) au cours d’une cérémonie de consultation et de sacrifice aux artistes béninois le 26 juin 2013. Etait – ce une fatalité ? Pour rappel, voici l’aperçu du calendrier noir de 2013 chez les artistes béninois :
– 31 janvier : décès d’Alokè
– 15 Février : décès de Zouley Sangaré
– 25 Février : André Berry Quenum
– 20 Mars : Riss cool
– 31 Mars : Rim-K
– 15 Mai : GG vickey
– 24 Juin : Alokpon
– 25 Août : Bluv (All baxx)
– 12 Décembre : Djibril Sagbohan
Ces décès qui, par leurs caractères parfois mystérieux, paraissent surprenants pour nombre de Béninois, ne le sont pas pour les gardiens de la tradition. Réunis au mois de juin 2013 les dignitaires des cultes vodoun ont, à l’issue d’une cérémonie de consultation et de sacrifice aux artistes béninois, relevés des signes troublants qui mettent en garde les artistes. Selon les révélations faites par les prêtes fâ au cours de cette cérémonie, les artistes devront délaisser des comportements prohibés récurrents chez eux. Notamment le non respect des closes de pactes signés avec des divinités. Aux dires des dignitaires de cultes vodoun nombre d’artistes au terme de gloires obtenues par l’action des divinités n’honorent plus leurs promesses. Toute chose qui attire sur ceux-ci la colère des divinités.
Des signes et des révélations troublantes
Premier signe de la consultation géomantique du fâ, le «Tchè Aklan» dénonce les mesquineries. Rapporte le magazine Hwendo dans sa parution d’août 2013, ce signe révèle des actes de tromperies au sein des artistes béninois. Des coup-bas et beaucoup de sournoiseries amèneront, à en croire les révélations, les artistes à s’entre-vouloir au point de provoquer leur propre mort. Pour y remédier indique le Fâ, c’est aux jumeaux et au dieu Sakpata qu’il faille recourir. Autre signe, le «Tchê médji». La mythologie de ce signe apprend que des fruits verts tombent pendant que ceux mûrs sont imperturbables. Des interprétations, il ressort que dans le monde musical béninois des anciens artistes provoqueraient la disparition de jeunes pousses. Dans ce même signe, apprend-t-on, le Fâ proscrit l’adultère, les pratiques homosexuelles et les avortements. Dernier signe, le «Abla gbidi yêkou». Avec ce signe, c’est la méchanceté et les querelles intergénérationnelles qui refont surface. Des vétérans de la musique béninoise pour régner n’hésiteraient pas à confier les jeunes talents aux divinités. Oubliés avec des progénitures laissées pour contre, après avoir tout donné pour l’émergence de la musique béninoise, des âmes d’anciens musiciens réclament justice. De même révèle ce signe, il y aura la survenue d’atroces maux de ventre chez des artistes. La solution à tous ces problèmes selon le Fâ est d’appliquer le principe d’une prospérité équitablement partagée dans ce milieu. Quant aux artistes, il leur est surtout recommandé le respect de la hiérarchie et de la parole donnée.

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