Mory Kante

Mory Kanté voit le jour le 29 mars 1950 dans le village de Albadaria en Guinée. Il naît au sein d’une impressionante fratrie de trente-huit enfants, descendance de El Hadj Djeli Fodé Kanté un griot réputé. Mory Kanté est logiquement initié aux traditions, aux chants, et aux instruments qui doivent lui permettre de devenir griot à son tour. En 1957, Mory Kanté est envoyé chez sa tante à Bamako au Mali pour parfaire son éducation. Au milieu des années soixante, l’influence de la musique occidentale et de la toute nouvelle rumba zaïroise commence à se faire sentir et Mory Kanté décide de se mettre à la guitare.
Etudiant à l’Institut des Arts de Bamako, Mory Kanté lâche tout en 1969 et se consacre exclusivement à la musique. Il intègre en 1971 le Super Rail Band de Bamako, avant de succéder en 1973 au chanteur principal qui n’est autre que Salif Keita. Mory Kanté apprend à maîtriser la harpe africaine à vingt-et-une cordes, la kora, alors même que sa tradition familiale désigne le balafon comme instrument de référence. Cette transgression aura une influence majeure sur le développement de sa carrière, son plus gros succès étant basé sur les sonorités de la kora.
Après sa période avec le Super Rail Band de Bamako, Mory Kanté s’établit en 1978 à Abidjan en Côte d’Ivoire où les moyens d’enregistrements sont bien supérieurs alors à ceux du Mali. Il y parfait son envie de mélanger les sons traditionnels avec les rythmes occidentaux, et enregistre en 1981 l’album Courougnègnè. Déjà très connu dans toute l’Afrique de l’Ouest, Mory Kanté prend alors une dimension continentale. En 1984, Mory Kanté décide de partir pour la France et Paris où il devient vite une figure en vue du creuset des musiques du monde qui bouillonne dans la capitale française. Il enregistre cette même année l’album A Paris et commence à tourner dans toute l’Europe.